dimanche 17 mars 2024

CEUX QUI TRAVAILLENT D'ANTOINE RUSSBACH vu par Jean François Vilanova

 

Carte blanche : « Ceux qui travaillent » d’Antoine Russbach (2018). 

 

                                  par Jean-François Vilanova, association « Lumière du Sud »

 



     Antoine Russbach et Olivier Gourmet pour « Ceux qui travaillent » (2018)

 

Le Six N’étoiles de Six-Fours diffusait le 15 mars le film d’Antoine Russbach (Suisse-Belgique) dans le cadre de sa 10ème Carte blanche.

 

Un film d’une grande noirceur qui offre une plongée dans le monde impitoyable du commerce international à travers un personnage de monstre.

Et qui pose en filigrane une question existentielle : la rédemption est-elle possible quand un individu a commis l’irréparable ?

 

 

Portrait d’un monstre au service du fret maritime mondial…

 

Frank Blanchet (Olivier Gourmet) est cadre supérieur dans une entreprise de fret maritime. C’est un homme de responsabilité dont la vie est structurée par son travail plus que par sa famille. Il est froid, dépourvu d’humanité et d’empathie.

A la maison, il mène son petit monde manu militari – sa femme et ses cinq enfants-, a l’instar du lever matinal autour de tasses de café qu’il apporte avec Mathilde (Adèle Bochatay) sa plus jeune fille… directement dans les chambres.

 

Un événement inattendu survient lors d’une traversée. Un clandestin qui a embarqué en Afrique est soupçonné d’être porteur du virus Ebola. Quelle décision Frank Blanchet peut-il prendre ? Faire revenir le porte-conteneur ? Prendre le risque d’une quarantaine ?

La logique financière s’impose. Frank prend la décision radicale de demander que « l’on se débarrasse du clandestin » (ce sont ses termes) sans consulter sa hiérarchie.

On est saisi(s) d’effroi devant la monstruosité de la décision et l’absence de morale: un crime commandité par téléphone, une mort sur ordonnance non écrite en somme.

Dans ce tout petit monde, tout finit par se savoir et cette décision lui coûte son poste. Sa ligne de défense au service de l’entreprise n’a pas convaincu la direction. Sa vie bascule.

 

…Un monstre qui s’effondre et accède pour la première fois à son humanité…

 

Dès lors, nous assistons à l’effondrement complet du personnage de Franck Blanchet. Il se délite littéralement sous nos yeux même s’il se garde bien d’informer femme et enfants de la situation et se lève chaque matin en feignant de rejoindre son poste.

L’ art de sauver momentanément les apparences, car en parallèle Franck tente de rebondir en cherchant un nouveau poste, en faisant procéder également à un nouveau profil de compétences et en rejoignant un groupe de parole où il apprend à parler pour la première fois de lui.

On y apprend que le milieu fermier dans lequel il fut élevé traitait les enfants comme les bêtes en leur donnant des coups quand ils refusaient d’avancer.

Genèse d’un monstre, origine du mal.

 

C’est dans l’épreuve terrible du déclassement social que Frank accède pour la première fois de sa vie à son humanité. Il reconnaît l’horreur de son acte, en parle à sa femme, ses enfants l’apprennent également.

 

…Mais un monstre dont la vie n’est qu’en sursis ?

 

C’est parce qu’il se fait horreur qu’il envisage pour lui l’irréversible.

Et c’est dans ce moment extrême et parce qu’il a accédé à son humanité que sa plus jeune enfant, Mathilde, lui fait envisager différemment la situation. Mathilde, élève intelligente qui incarne la valeur travail à ses yeux, qui porte un regard acéré sur le monde et qui adore son père, lui apparaît comme une possibilité de rachat. Elle incarne la pureté qu’il reconnaît et qui pourrait la sauver.

Et c’est en toute lucidité cette fois, qu’il signe son nouveau contrat de travail après bien des hésitations. Un poste à risques dont il ne voulait pas, mais qu’il abordera sans illusion, car Frank a compris que la famille est bien sa priorité et sa planche de salut.

Pourtant rien n’est acquis et le dernier plan du film – Frank assis sur le bord du canapé – entouré pour la première fois des siens – ressemble fort à celui d’un homme au bord d’un précipice. Finira-t-il par tomber ?

 

Le premier film d’un trilogie initialement imaginée par A.Russbach

 

A l’origine, A.Russbach avait imaginé trois films reprenant la trilogie médiévale : « Ceux qui combattent » (les chevaliers donc la noblesse) , « ceux qui prient » (les religieux donc le clergé) , « ceux qui travaillent » (les paysans, les artisans).

Son objectif était de passer cette ancienne division au crible de la société contemporaine. Il n’a à ce jour réalisé que l’un des trois volets. Cela reste son unique film.

 

 

« Ceux qui travaillent » est une attaque en règle contre un certain monde du travail, le plus engagé dans la mondialisation économique et financière et qui nous nourrit au quotidien.

Ramené au parcours d’un seul individu à responsabilité, Frank Blanchet, il pose clairement la question de ce que l’on est prêt(s) à sacrifier pour une entreprise et… sa réussite professionnelle.

 

Le résultat est terrifiant.

JACQUES BRACHET A LA RENCONTRE DE LOIC NICOLFF

Loïc NICOLOFF : Un Marseillais qui tourne bien !


Il a le regard bleu Méditerranée… Normal, il est né à Marseille !
Illustrateur, scénariste, réalisateur, bientôt écrivain, Loïc Nicoloff est né dans le cinéma tout petit. Exactement à 6 ans, lorsqu’il découvre le film « L’empire contre-attaque » avec son grand-père.
De ce jour le cinéma lui est resté chevillé au cœur et au corps et aujourd’hui il en a fait son métier.
Belle idée qu’a eue Pascale Parodi, présidente de l’association « Lumières du Sud », de l’inviter pour deux jours au Six N’Etoiles pour une carte blanche, choisissant pour le public, trois films totalement différents et venus de pays différents : La France, l’Argentine, le Japon.
Installé à Aix-en-Provence où il enseigne l’écriture de scénario, ça ne l’empêche pas de tourner des films, d’écrire des BD et un roman qui ne saurait tarder de voir le jour.
Le sourire avenant et le rire sonore, il nous raconte tout sur sa vie liée au cinéma.

« D’abord, je  suis né à la maternité de la Belle de Mai… devenue la Maison du Cinéma… C’était prémonitoire, non ? nous dit-il en riant !
Alors cette révélation cinématographique à 6 ans ?
Ça a été le choc visuel, après avoir vu un ou deux Walt Disney avant… Je me rappelle de la grande salle sur la Canebière, en plus, le film finit mal, ça a remué plein de choses en moi et j’ai été tout de suite accro. Tous les lundis, journée du tarif réduit, ma mère m’y amenait. J’ai vraiment bouffé du cinéma et c’est ça qui a tout déclenché.
Tu te disais déjà que tu serais réalisateur, comédien ?
Comédien jamais, réalisateur oui, mais alors je ne pensais pas en faire et je suis tombé un jour dans une librairie à Saint-Tropez sur un hors-série de « Starfix » consacré aux effets spéciaux. D’un coup j’ai eu la vision qu’on fabriquait un film et que c’était de l’illusion. Et j’ai eu envie de faire des effets spéciaux, de raconter des histoires mais c’était un rêve, comme on rêve d’aller sur la lune. J’ai fait un diplôme d’informatique et de comptabilité mais j’ai eu la chance d’aller au premier festival des scénaristes de la Ciotat en 98. Je me suis présenté, on devait écrire un scénario de court-métrage en 24 heures et j’ai gagné ! Le prix m’a été remis par Jean-Claude Iso et c’est ça qui m’a permis d’entrer dans le milieu du cinéma.
Et alors ?
Alors j’ai commencé à rencontrer des producteurs, des réalisateurs, j’ai bossé six ans, j’ai fait tous les métiers du cinéma sur le tas… La seule chose que je n’ai pas faite est… maquilleuse ! J’ai même fait costumier ! Je me suis retrouvé en 2004 sur une énorme série télé et c’est là que je me suis dit que je voulais être réalisateur.

C’était quoi cette série ?
Elle s’appelait « Bin’o Bin ». C’était tourné à Marseille pour Canal Algérie. J’étais premier assistant, ce qui était loin de ce que je res mais ce qui m’a permis de me dire que je voulais être réalisateur et à l’origine de projets. J’ai alors fait beaucoup de courts-métrages, quinze autoproduits et cinq produits dont mon dernier « Rocambolesque » en 2016 avec Amaury de Crayencourt et Nicolas Marié. Budget de 135.000 euros, cinq jours de tournage, des effets spéciaux, des cascades, des animaux exotiques… Le pied absolu ! On a fait 70 festivals, on a eu dix prix… surtout à l’étranger. Depuis, je me consacre à mon long-métrage, on part en financement avec un producteur.
Tout ça à Marseille ?
Non, j’ai fait une parenthèse de dix ans à Paris car il faut avoir les réseaux et ils sont à Paris. Donc j’y suis parti en 2008, j’ai créé mes réseaux, j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme, qui était d’Aix-en-Provence et je suis redescendu en 2018. Je fais toujours des allers-retours mais depuis le Covid, on fait beaucoup de réunions en zoom.
J’ai vu que tu avais été sur la série « Nos chers voisins »…
Non, j’ai fait la BD de « Nos chers voisins ». Il y a eu quatre tomes que j’ai écrits en tant que scénariste. Et je bosse aussi sur la série « Vestiaires » depuis six ans
comment s’est fait cette BD de « Nos chers voisins » ? ?
C’était une commande très particulière : je devais m’inspirer de la série sans la copier, inventant de nouveaux gags tenant sur une planche, avec un dessinateur, les gags devant être validés par la production, les agents les comédiens. C’était quelquefois compliqué à cause de l’égo de certains comédiens. Et puis il y a eu « Léo Loden » que j’ai co-écrit avec Aleston, le créateur, à partir du tome 16. Depuis cinq ans j’écris seul les scénarios. Nous sommes sur le tome 30 qui se passe pendant la peste à Marseille en 1720.
Alors, avec ça, la réalisation ?
Je voulais réaliser un film sur Jacques Offenbach dont j’adore la musique. C’est un scénario qui se passe sur un an de sa vie, lorsqu’il crée « La belle Hélène » en 1864 mais c’est un film très, très cher qu’on n’est pas arrivé à financer. C’est un film historique, donc en costumes et en France c’est le genre de film qui ne marche pas du tout. En France, la culture histoire-musique, ça ne marche pas. Du coup j’écris un roman d’après le scénario qui me permettra peut-être de revenir sur le film… si le livre marche !

Pourquoi Offenbach ?
Lorsque j’avais 11 ans, on m’a amené voir « La vie parisienne » au parc Borelli et j’ai été ébloui. Il y avait tout ce que j’aimais : c’était rigolo, il y avait de beaux décors, de beaux costumes, de belles musiques…
Et où en es-tu avec le fantastique, qui est un genre que tu adores ?
En fait aujourd’hui je me consacre au film que j’aimerais tourner, qui est à la lisière du fantastique. Mais le fantastique est compliqué à vendre en France. Je préfère faire un film un peu plus « faisable », avec un budget raisonnable. En France, il y a quelques films fantastique qui se font, peu sont bons, peu fonctionnent. A part « Le règne animal » et « Vermine » peu s’en sont sortis. Aux Etats-Unis, il y a des moyens énormes que nous n’avons pas, le savoir-faire et le public. Notre public a une méfiance sur le fantastique Français.
Alors, parlons des trois films que tu as choisis pour cette « Carte blanche » ?
Déjà, on fait la liste au Père Noël puis il y les contingences qui font qu’on peut avoir un film ou pas.
Ce qui m’intéresse c’est que j’aime les bons films, quel que soit leur genre.
J’aime partir dans un univers, qu’on me propose un voyage. Là, ce sont trois films très différents dans la forme, dans l’expression, les thèmes mais qui m’ont à chaque fois surpris, transporté et qui proposent une vision humaine, humaniste sur trois aspecta différents.
« Ceux qui travaillent » d’Antoine Russbach est un film très simple, très linéaire. La trajectoire d’un personnage joué par Olivier Gourmet qui m’a bluffé.
« Dans ses yeux » de Juan-José Campanella a été un choc pour moi. Une thématique sur la passion déclinée, qui peut rendre heureux ou malheureux. C’est une narration d’une pureté incroyable.
« Past lives – nos vies d’avant  de Céline Song c’est une belle surprise. C’est une narration à la manière de « Quand Harry rencontre Sally » une histoire où l’on ne sait jamais où ça va, qui sort des codes. C’est un film qui m’a fasciné »

Après cette parenthèse, qui est sa première carte blanche, Loïc repart sur son roman et sur son film.
C’est une rencontre passionnante avec un homme passionné, qui aime parler de son métier, de ses métiers devrais-je dire et dont j’attends son roman su Offenbach avec curiosité… On en reparlera, on a promis de se revoir.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Au Six N’Etoiles avec Pascale Parodi

mercredi 13 mars 2024

De l’importance du scénario au cinéma ou l’art de savoir écrire une histoire.…

                 Vendredi 15 mars 2024 à 20h30 au Six N’étoiles de Six-Fours :

          ¨Ceux qui travaillent¨ d’Antoine Russbach (2018) avec Olivier Gourmet.

                 

                                 par Jean-François Vilanova, association « Lumières du Sud »

 







 

Les vendredi 15 et samedi 16 mars, carte blanche est donnée à Loïc NICOLOFF,

illustrateur, scénariste, réalisateur.

 

A l’occasion de la diffusion du film « Ceux qui travaillent », Loïc NICOLOFF abordera l’art du scénario au cinéma, cette histoire dont l’écriture a le pouvoir de  transformer le destin tout tracé d’un héros et de le faire basculer dans l’inimaginable à la suite d’un événement inattendu.

Le monde de l’entreprise est particulièrement propice à ce genre de retournement de situation et de destin.

 

Retour en trois temps sur cet univers implacable et à travers trois films français ou francophones qui ont marqué l’imaginaire :

« Ceux qui travaillent » d’Antoine Russbach (film helvéto-belge 2018), « Corporate » de Nicolas Silhol (film français, 2017) et … « L’argent des autres » de Christian de Chalonge (film français, 1978, césarisé en 1979).

 

 

*Dans « Ceux qui travaillent », Franck Blanchet (Olivier Gourmet) est cadre supérieur dans une entreprise de fret maritime. C’est un homme de responsabilité dont la vie est structurée par le travail plus que par la famille. Il est froid et manque d’humanité.

Un événement inattendu survient lors d’un transport maritime. Un clandestin qui a embarqué à bord d’un porte-conteneurs est soupçonné d’être porteur du virus Ebola. Quelle décision Franck Blanchet peut-il prendre ? Faire revenir le porte-conteneurs ? Prendre le risque d’une quarantaine ?

La logique financière s’impose. Franck prend une décision radicale sans consulter sa hiérarchie, décision qui lui coûte son poste.

Sa vie bascule.

 

*Dans « Corporate », Emilie Tesson-Hansen (formidable Céline Sallette) est responsable des ressources humaines (DRH). Elle est froide comme le protagoniste de « Ceux qui travaillent », rigide, guidée par la seule logique de rentabilité de l’entreprise qui l’a recrutée. Une « tueuse » en somme à qui le PDG (Lambert Wilson) a confié la mission de se débarrasser  de tous les cadres vieillissants donc moins performants après les avoir placardisés.

La situation lui échappe le jour où l’un des cadres de l’entreprise qu’elle avait volontairement marginalisé se suicide sur son lieu de travail.

Séisme dans l’entreprise.

Séisme pour la DHR, également, dont la vie bascule. Que va-t-elle faire ?

 

*Dans « L’argent des autres » enfin, tourné il y a quarante-cinq, à un moment où la mondialisation économique et financière était bien moins engagée qu’aujourd’hui, le personnage principal Henri Rainier (Jean-Louis Trintignant), fondé de pouvoir d’une prestigieuse et très feutrée banque parisienne, est sèchement licencié pour « faute grave ».

Il ne comprend pas ce qui lui arrive ni quelle faute grave il a commise et décide de mener l’enquête avec combativité.

Dans l’exercice de ses fonctions, il avait dû accorder des prêts massifs à un homme d’affaires peu scrupuleux et non solvable, Claude Chevalier d’Aven (Claude Brasseur) malgré l’avis négatif qu’il avait émis contre les décisions de son supérieur hiérarchique (Michel Serrault) pour faciliter ces prêts.

Pris dans un scandale financier, Henri Rainier voit sa vie basculer là encore comme pour les personnages principaux de « Ceux qui travaillent » et « Corporate ».

Comment peut-il prouver son innocence ?

 

Qu’il s’agisse de drame psychologique (« Ceux qui travaillent ») ou de purs thrillers vertigineux (« Corporate » ou plus encore le magistral « L’argent des autres »), les trois scenarii déroulent une même mécanique : des personnages parfois complices du système qui les embauche … et finalement pris dans un piège inexorable ; des réquisitoires contre le capitalisme économique et financier et en filigrane la mondialisation / globalisation qui a fini par s’imposer ; la prise de conscience tardive mais salutaire des personnages principaux que le système a utilisés et parfois broyés.

 

 

Ainsi, le cinéma est depuis sa création et avant tout, une affaire de scénario.

On a coutume de dire « qu’un film est d’abord une histoire, encore une histoire, toujours une histoire ». Sans un scénario solide ni des personnages solidement écrits, aucun réalisateur - fût-il talentueux - ne peut donner à un film toute sa portée.

L’Oscar du meilleur scénario original qui a été attribué ce 10 mars à Justine Triet et Arthur Harari pour leur film « Anatomie d’une chute » confirme même qu’un drame aux ressorts diaboliques peut offrir une consécration mondiale à une énième histoire de couple et à ses auteurs.

 

lundi 11 mars 2024

SAMEDI 16 MARS 2024 20H30 PAST LIVES NOS VIES D AVANT de CELINE SONG

 

Synopsis: A 12 ans, Nora et Hae Sung sont amis d’enfance, amoureux platoniques. Les circonstances les séparent. A 20 ans, le hasard les reconnecte, pour un temps. A 30 ans, ils se retrouvent, adultes, confrontés à ce qu’ils auraient pu être, et à ce qu’ils pourraient devenir.

SAMEDI 16 MARS 2024 16H30 DANS SES YEUX de JUAN JOSE CAMPANELLA

 

Synopsis: 1974, Buenos Aires. Benjamin Esposito enquête sur le meurtre violent d'une jeune femme. 25 ans plus tard, il décide d'écrire un roman basé sur cette affaire "classée" dont il a été témoin et protagoniste... 

 

Avec Ricardo Darin, Soledad Villamil, Pablo Rago 

VENDREDI 15 MARS 2024 20H30 CEUX QUI TRAVAILLENT D ANTOINE RUSSBACH

 

 

Synopsis: Cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime, Frank consacre sa vie au travail. Alors qu’il doit faire face à une situation de crise à bord d’un cargo, Frank, prend - seul et dans l’urgence - une décision qui lui coûte son poste. Profondément ébranlé, trahi par un système auquel il a tout donné, le voilà contraint de remettre toute sa vie en question.



dimanche 10 mars 2024

10e CARTE BLANCHE VENDREDI 15 ET SAMEDI 16 MARS 2024

 

ÉDITO  

S’il est un évènement printanier que nous souhaitons fêter avec vous, c’est bien notre
10e carte blanche. 10 ans ! un début de maturité pétillante de jeunesse, un beau chiffre
tout rond, un anniversaire que nous partageons avec le Six N’Etoiles, notre partenaire en
projection.
Argentine 2009, France 2019, Japon 2022 trois films, trois regards, trois genres
cinématographiques. Et pourtant, un fil rouge les relie : ce petit grain de sable
perturbateur qui se glisse au détour du destin de leurs héros ou l’art du scénario.
C’est ce que nous racontera notre invité, Loïc NICOLOFF, illustrateur, scénariste,
réalisateur, ce week-end du 15/16 mars.

Pascale Parodi


Loïc NICOLOFF
Après avoir appris sur le tas en occupant de nombreux postes sur des
tournages, Loïc se consacre à la réalisation et l’écriture de scénario.
Il réalise une vingtaine de courts métrages, dont le dernier,
Rocambolesque, est une comédie historique dans le milieu des
feuilletonistes au XIX e siècle, primé en France et à l’étranger, Intervenant
régulier comme lecteur ou consultant pour des producteurs et des
institutions, il enseigne l’écriture de scénario en Licence Cinéma à Aix-en-Provence.
Depuis le début de l’année 2024, il se consacre à l’écriture d’un premier roman adapté d’un
scénario de long métrage autour du compositeur Jacques Offenbach.


IL A CHOISI… DE NOUS DECRYPTER LES SECRETS D’UN BON SCÉNARIO
EN ANALYSANT CES 3 FILMS


VENDREDI 15 MARS 20h30

CEUX QUI TRAVAILLENT d’Antoine Russbach avec Olivier Gourmet (2019) 1h42 

Un film incisif sur le monde de l’entreprise 

Cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime, Frank consacre sa vie au
travail. Alors qu’il doit faire face à une situation de crise à bord d’un cargo, Frank,
prend - seul et dans l’urgence - une décision qui lui coûte son poste.
Profondément ébranlé, trahi par un système auquel il a tout donné, le voilà contraint de
remettre toute sa vie en question.


SAMEDI 16 MARS 16h30
DANS SES YEUX de Juan José Campanella avec Ricardo Darin (2009) 2h09
Oscar du meilleur film étranger

 
1974, Buenos Aires. Benjamin Esposito enquête sur le meurtre violent d'une jeune femme.
25 ans plus tard, il décide d'écrire un roman basé sur cette affaire "classée" dont il a été
témoin et protagoniste. Ce travail d'écriture le ramène à ce meurtre qui l'obsède depuis
tant d'années mais également à l'amour qu'il portait alors à sa collègue de travail.
Benjamin replonge ainsi dans cette période sombre de l'Argentine où l'ambiance était
étouffante et les apparences trompeuses...


19h30 Petite restauration sur place (vente de sandwichs)


SAMEDI 16 MARS 20h30

PAST LIVES - Nos vies d’avant de Céline Song avec Greta Lee, Yoo Teo,
John Magaro (2023) 1h46
Un amour qui touche au sublime

 
À 12 ans, Nora et Hae Sung sont amis d’enfance, amoureux platoniques. Les circonstances
les séparent. À 20 ans, le hasard les reconnecte, pour un temps. À 30 ans, ils se retrouvent,
adultes, confrontés à ce qu’ils auraient pu être, et à ce qu’ils pourraient devenir.

samedi 9 mars 2024

LA ZONE D'INTERÊT de Jonathan Glazer, vu par Jean François Vilanova

 

Retour sur un film événement présenté par l’association LDS :

 "La zone d'intérêt" de Jonathan GLAZER (Cannes 2023).



Le mercredi 17 janvier 2024, l'association de cinéma de Six-Fours "Lumière du Sud", présentait en avant-première lors d'une soirée exceptionnelle, "La zone d'intérêt " de Jonathan GLAZER qui avait reçu le Grand Prix du jury du festival de Cannes 2023. Jusqu’au dernier moment, le film fut pressenti pour décrocher la Palme d’Or finalement décerné à « Anatomie d’une chute » de Justine TRIET.

Alors qu’Hollywood s’apprête à remettre ses Oscar dans la nuit du 10 au 11 mars 2024, revenons sur ce film qui concourt dans cinq catégories dont celles du Meilleur film et du Meilleur film étranger.

 




La « Zone d’intérêt » est avant tout un film de dispositif.

Dans la langue déshumanisée créée par l'idéologie nazie, l’expression « Zone d’intérêt » désignait les 40 kilomètres carrés entourant le camp d’Auschwitz - Birkenau placés sous le contrôle absolu des autorités nazies et dans lesquels de nombreuses entreprises exploitaient la main-d’œuvre esclave des camps d'extermination.

Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig ont voulu construire "une vie de rêve" pour leur famille dans une maison avec jardin, une sorte de "paradis vert" au bord d'une rivière... jouxtant le mur d'enceinte du camp d'extermination d'Auschwitz.


Le dispositif est absolument terrifiant.

Pendant une heure quarante-cinq, le spectateur voit vivre la famille Höss dont l'univers est dominé par le mur du camp d'extermination, les miradors, les cheminées des fours crématoires. Le réalisateur Jonathan GLAZER avait placé dix caméras dans la maison reconstituée du commandant du camp et observé les personnages du film à la manière d’un loft.

Jamais il n'est donné à voir ce qui se déroule dans le camp d’extermination dont la présence est omniprésente et imposante. Il est presque insurmontable au cinéma de filmer "l'infilmable", même si des réalisateurs s'y sont déjà risqués.

 

Un cauchemar absolu.

On suit donc la vie des Höss au milieu de leur jardin, de leurs petites plantations, de leurs petites réceptions...dans une bande son terrifiante qui capte tous les bruits des violences commises à quelques mètres de là sur les déportés juifs: cris, aboiements de chiens, hurlements, coups portés, arrivée des trains de la mort, bruits de machines dont on imagine aisément qu’il s’agit des fours crématoires.
A l'arrière-plan, le ciel est chargé d'immenses traînées noirâtres correspondant aux rejets des cheminées des dits fours. Les odeurs sont pestilentielles et il faut souvent fermer précipitamment les fenêtres de la maison.

Et la nuit, à travers les carreaux, apparaissent d'interminables pluies de cendres grises... jusqu'au coup de théâtre final.

Malgré cela, la femme du commandant du camp, Hedwig Höss, interprétée par la formidable actrice allemande Sandra Hüller qui jouait dans « Anatomie d’une chute », ne peut se résoudre à quitter sa maison qui jouxte le camp quand son mari Rudolph lui fait part d'une mutation imminente pour le camp d'Orianenburg. Elle se considère comme "la reine d'Auschwitz". L'horreur est sans limite(s).

C’est bien cela que le film donne à voir. Une mise en image(s) du concept de la « banalité du mal » forgé par la philosophe américaine Hannah Arendt quand elle suivait le procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem pour le New Yorker (1961).

 

Echanges avec l’acteur principal en visio-conférence à la fin du film.

La projection du film fut suivie d'une longue séquence de questions posées à l'acteur du film Christian Friedel.

Le dispositif en visioconférence à travers toute la France avec les salles partenaires du Festival Télérama fut essentiel pour obtenir toutes les clés du dispositif concocté par le réalisateur qui consacra près dix ans à la préparation et à la réalisation du film : installation des dix caméras dans la maison des Höss, présence du réalisateur et des techniciens en dehors de l’espace de tournage, réalisation de la bande son des « bruits » a posteriori avant de faire le mixage avec les images tournées.

Le résultat est terrifiant et laisse sans voix.

 

                                   Jean-François VILANOVA, membre de l’association « Lumières du Sud ».

 

 
Sortie nationale le 31 janvier 2024.


 

 

jeudi 7 mars 2024

LA VILLE DE SIX FOURS OFFRE LA PROJECTION DE DIVERTIMENTO POUR LA DEFENSE DES DROITS DES FEMMES

 A l'occasion de la journée de défense des droits des femmes, 

 

La ville de Six-Fours a sollicité l’association LUMIERES DU SUD afin de présenter le film DIVERTIMENTO et animer les échanges.

Un exemple de ténacité de de passion qui permet à Zahia Ziouani d'être une des rares femmes chef d'orchestre.



  MARDI 27 MAI 2025 20h00 au Six N'étoiles en partenariat avec Unis-cité   LITTLE JAFFNA de Lawrence Valin avec Lawrence Valin ...